top of page

Trouver l’équilibre

Quel juste milieu entre livres, écrans et jeux ?

Jamais les enfants n’ont été autant entourés d’images.
Écrans, vidéos, jeux numériques, contenus en continu…

Le monde dans lequel ils grandissent est radicalement différent de celui des générations précédentes.

Face à cette réalité, les parents oscillent souvent entre inquiétude, culpabilité et tentatives de contrôle. Faut-il limiter ? Interdire ? Compenser ? Résister ?

Plutôt que d’entrer dans une “guerre des écrans”, il est plus fécond de comprendre ce que chaque expérience produit — et surtout ce que les livres et les jeux apportent encore, de manière irremplaçable.

Un environnement saturé d’images : un fait, pas un choix

Les écrans ne sont pas un phénomène marginal. Ils font partie du quotidien, de l’école, des relations sociales, des loisirs.

Les enfants sont exposés très tôt à :

  • des images rapides

  • des récits fragmentés

  • des stimulations constantes

 

Cette saturation n’est ni bonne ni mauvaise en soi. Elle est structurelle. La question n’est donc pas de revenir en arrière, mais de réfléchir à ce que cela transforme dans le rapport à l’attention, à l’imaginaire et au temps.

Table basse salon avec laptop ipad et carnet

Ce que font réellement les écrans à l’attention

Les écrans sollicitent une attention particulière : rapide, discontinue, réactive.

Ils favorisent :

  • le zapping

  • la réception passive

  • la gratification immédiate

 

Cela ne signifie pas que les enfants “ne savent plus se concentrer”, mais qu’ils s’habituent à un type d’attention spécifique, très différent de celui mobilisé par la lecture ou le jeu libre.

Lorsque cette forme d’attention devient dominante, certaines expériences plus lentes peuvent sembler exigeantes, voire ennuyeuses au premier abord.

garçon lisant un livre

Lire et jouer : des expériences d’un autre ordre

Les livres et les jeux proposent une relation au monde différente.

Lire demande :

  • du temps

  • une implication intérieure

  • la création d’images mentales

 

Jouer librement implique :

  • l’invention de règles

  • l’exploration

  • l’improvisation

 

Dans les deux cas, l’enfant n’est pas seulement spectateur. Il est acteur de l’expérience. Il doit imaginer, anticiper, interpréter.

Ces expériences développent une attention plus profonde, plus durable, et une capacité à être seul avec ses pensées.

Réception versus création : une différence clé

L’une des distinctions essentielles à faire n’est pas entre écran et non-écran, mais entre réception et création.

  • Regarder une vidéo, c’est recevoir

  • Lire une histoire, c’est co-créer

  • Jouer librement, c’est inventer

Même certains contenus numériques peuvent être créatifs, tandis que certaines activités hors écran peuvent être très dirigées. L’enjeu n’est donc pas le support seul, mais le rôle actif ou passif laissé à l’enfant.

Les livres, par leur nature même, sollicitent l’imaginaire intérieur. Ils laissent des vides à combler, des silences à habiter.

enfant boudant sur le canapé avec tablette

Sortir de la “guerre des écrans”

Opposer frontalement écrans et livres mène souvent à des conflits inutiles.

L’enfant perçoit rapidement :

  • l’interdit

  • la tension

  • le discours anxieux

 

Or, ce climat nuit à la curiosité et au plaisir.

 

Trouver l’équilibre suppose :

  • de poser un cadre clair

  • d’assumer des choix adultes

  • sans dramatiser ni moraliser

 

L’objectif n’est pas de bannir les écrans, mais de préserver des espaces non saturés, où l’attention peut se déployer autrement.

Le rôle des adultes : hiérarchiser sans interdire

Les enfants ne sont pas responsables de l’équilibre de leur environnement.

Ce rôle revient aux adultes.

Hiérarchiser, c’est :

  • donner une place centrale aux livres

  • préserver des temps de jeu libre

  • limiter certaines pratiques sans les diaboliser

Lorsque le livre est présent, accessible, valorisé, il devient une option naturelle parmi d’autres — et non un outil imposé en réaction aux écrans.

papa lisant une histoire à un bébé

Redonner une place au livre sans en faire un totem

Le livre n’a pas besoin d’être sacralisé pour être puissant.

Il gagne à être :

  • visible dans la maison

  • manipulable

  • feuilleté librement

Un enfant qui voit des livres vivre autour de lui comprend qu’ils font partie du quotidien, au même titre que d’autres objets culturels.

Le livre n’est pas une récompense, ni une punition, ni un remède aux écrans. Il est un espace à part, qui existe par lui-même.

Jeux, livres et écrans : penser un écosystème

Plutôt que de raisonner en opposition, il est plus juste de penser en termes d’écosystème culturel.

Un enfant peut :

  • regarder des contenus numériques

  • jouer à des jeux structurés

  • lire des livres

  • jouer librement

 

L’équilibre ne se mesure pas en temps exact, mais en qualité d’expérience et en diversité.

 

Ce sont les expériences lentes, ouvertes et imaginatives qui risquent de disparaître si elles ne sont pas protégées. C’est là que les livres et le jeu libre ont un rôle essentiel à jouer.

À retenir

  • Le goût de la lecture ne se force pas

  • Le plaisir précède toujours la régularité

  • Tous les formats sont légitimes

  • La relation au livre se construit dans le temps

 

Donner le goût de la lecture, c’est avant tout faire confiance : au rythme de l’enfant, à la richesse des livres, et à la puissance des histoires.

© 2026 ÉDITIONS MAÉ

bottom of page